Comment nous, femmes Queers Africaines nous savons nous aimer. 2

Comment nous, femmes Queers Africaines nous savons nous aimer. 2

Ma muse.
J’ai rencontré son regard la première fois et j’étais loin d’imaginer qu’elle deviendrait ma muse, mon propulseur vers le meilleur.

Cet amour est aussi pur et vrai et tellement différent de ce que j’ai connu jusqu’ici et il demeure platonique mais très profond.
Je faisais partie de celles pour qui le sexe était une preuve d’amour ou d’attirance. Si en deux jours on ne l’avait pas fait soit on le ferait plus ou alors ce serait une fois et puis basta ou encore même si on se mettait en couple ce serait de courte durée.


Il y a un an environ nos yeux se sont accrochés au premier regard, orgueilleuses fières et un peu snobs nous avons gardé pour nous ce sentiment. On ne manquait pas un instant pour se rapprocher, on ne disait pas avec les mots ce que nos regards et nos cœurs pensaient mais mutuellement nous savions ce que nous nous voulions.
Le déclic a surement été cet avion raté et mon retour tardif dans ma ville pour nous réveiller et voir cette belle histoire qui nous échappait. Nous avons opté pour les écrits et les appels, les jeux de séduction mais à chaque fois en croyant séduire l’une et l’autre on se perdait toutes les deux. Nous sommes devenues si synchrones qu’on devinait même nos pensées. Soutien inconditionnel, rituel matinal, décisions prises ensemble. La distance n’était pas un frein à cette idylle. Un mois après à nouveau réunies dans cet aéroport, moments d’échanges, folies, partages, câlins mais jamais de sexe.

😍

Nous ne sommes pas asexuelles loin de là, il y a une si grande tension sexuelle entre nous et cette montée de désir et cette envie de freiner le fameux jour, explorer d’autres domaines ensemble, profiter à fond l’une de l’autre, s’aimer différemment rend la chose plus belle.
Puis est venu ce fameux malheur, une consultation banale un diagnostic alarmant et ma muse qui est rentrée dans sa bulle. Cette joie de vivre qui était sienne a disparue en un battement de cils, cette complicité qui devenait lointaine, la communication qui avait disparu. Il revenait à moi de récréer une autre ambiance, de mettre de côté mon chagrin, mes larmes, ma peur pour la soutenir, vouloir qu’elle partage avec moi sans toutefois m’imposer ni être de trop, supporter ses caprices car elle en avait le droit.

Je savais qu’elle aimait mes écrits,pour elle et uniquement pour elle je suis devenue écrivaine,poète, je disais dans mes écrits ce que je ressentais et ne pouvait lui dire directement et bingo elle s’est à nouveau intéressée peut être pas comme avant mais au moins elle a repris goût au combat et elle savait qu’elle n’était pas seule.Nous nous sommes plus rapprochées spirituellement même si éloignées encore davantage du point de vue géographique…L’espoir le combat sont nos mots au quotidien qui sont porteurs car peu à peu on voir le bout du tunnel,la solution nous est parvenue plus de peur que de mal et un amour plus solide.

Et cette fois c’est décidé nous le consommerons cette union et ceci le soir de notre lune de miel.
L’amour entre femmes noires existe, il peut être basé sur l’abstinence aussi, c’est mon cas c’est son cas et contre vents et marrées on y tient, on fait face aux vicissitudes de la vie et nous en sortirons vainqueurs. Pour elle je ferai tout même déplacer des montagnes sans rien attendre en retour, même pas son amour mais juste pour le plaisir de voir son regard illuminé et le savoir heureux.


D$L

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